Mardi 3 août – 19h

Mardi 03 Août 2021
19h

Scène Tremplin

Jardins du Musée Matisse

Programme

Charles Heisser & Aurélien Gignoux :
Lireatok !
(Variations improvisées sur « Children Songs » de Corea,
« Musica Ricercata » de Ligeti et « Mikrokosmos » de Bartók)

Béla Bartók :
Sonate pour 2 pianos et percussion, Sz.110

Ninon Hannecart-Ségal & Charles Heisser pianos

Aurélien Gignoux & Olivia Martin percussions

Les œuvres de commande sont entachées d’une mauvaise réputation… et souvent regardées avec une certaine condescendance (par opposition aux œuvres dont l’inspiration est née librement dans l’esprit du compositeur). Il est vrai que les commandes officielles, destinées à célébrer tel ou tel anniversaire d’un événement soviétique, et auxquelles un compositeur comme Shostakovich devait se soumettre, n’ont pas suscité des pages particulièrement intéressantes !… Même avant l’ère soviétique, souvenons-nous de l’Ouverture 1812 d’un certain Tchaïkovsky qui n’est pas, c’est le moins qu’on puisse dire, un chef-d’œuvre impérissable. Ceci posé, souvenons-nous aussi que Boléro de Maurice Ravel est également une œuvre de commande (de la danseuse Ida Rubinstein), de même Le Sacre du Printemps ou L’Oiseau de feu (que Diaghilev commanda à Stravinsky pour ses « Ballets Russes »).

La Sonate pour 2 pianos et percussion de Bartók est, à son tour , une œuvre de commande : le mécène suisse Paul Sacher, à l’origine de beaucoup d’œuvres nées durant la première moitié du XXe siècle, souhaitait célébrer le 10ème anniversaire de la Société Internationale de Musique Contemporaine (SIMC). Quelle belle occasion pour susciter une nouvelle œuvre ! Ayant été impressionné par la toute récente Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartók, Paul Sacher commanda donc à celui-ci une page de musique de chambre qui viendrait commémorer l’anniversaire de cette SIMC. Bartók proposa un « quatuor pour deux pianos et deux groupes de percussion » : Paul Sacher accepta avec enthousiasme. Le « quatuor » en question devint dans son titre une « Sonate », ce qui au fond ne change pas grand chose… puisque l’un et l’autre répondent au même schéma formel : une sonate est souvent destinée à un instrument solo (voire à deux instruments : une sonate pour violon et piano, par exemple) ; dès lors que le nombre des instrumentistes passe à 3, l’œuvre s’appelle un trio ; à 4 instrumentistes, c’est un quatuor ; à 5 instrumentistes, c’est un quintette, etc… jusqu’à mobiliser un orchestre complet où l’œuvre prend alors le nom de symphonie. Mais le schéma structurel, quelque soit le nombre des musiciens requis, reste toujours identique (avec les inévitables transgressions formelles que connaîtra le XXe siècle, si l’on songe à Mahler, Shostakovich et autres).

Concernant la Sonate de Bartók, et pour dessiner ses contours esthétiques, je laisse bien volontiers la plume au musicologue Pierre-Emile Barbier (lequel a trouvé, je crois, les mots parfaitement justes pour en détailler les paramètres musicaux) : « L’ensemble des instruments doit respecter une disposition scénique très précise permettant ainsi une répartition préétablie dans l’espace sonore et réussir les combinaisons ou les oppositions de timbres voulues par le compositeur. Les percussions tantôt colorent le son des pianos, tantôt renforcent les accents les plus marquants dans l’extrême douceur (ppp) comme dans les moments les plus intenses (fff). Elles assurent souvent le contrepoint aux parties de piano mais peuvent prendre un rôle mélodique (timbales et xylophone), les pianos étant alors chargés à leur tour du contrepoint d’accompagnement. L’étonnante réussite de cette sonate tient au fait qu’elle est aussi aboutie au plan conceptuel (proportions respectant la « section d’or », synthèse entre les rythmes et harmonies venant des modes populaires du bassin du Danube et la tradition savante d’occident…) qu’à celui de l’expressivité. Sa séduction sonore, sa majesté presque, n’ont d’égale que sa puissante capacité à captiver, en particulier par la charge émotive que véhicule son lento central, « musique nocturne » inouïe qui mène aux confins de la psychanalyse ».

Quant à la première œuvre qui ouvre ce concert… Chut ! Pas un mot. C’est une surprise…

Jean-Noël Ferrel 

Béla Bartók

BIOGRAPHIES

Ninon Hannecart-Ségal

Amoureuse de la scène et des sons, Ninon Hannecart-Ségal aime explorer les répertoires de claviers divers et de musique de chambre, proposant une bulle sonore très personnelle et polyvalente. Elle est lauréate « Talent Classique Adami 2021 ».
Elle s’est faite entendre aux côtés de Daniel Hope et Patrick Messina en participant à l’émission Hope@Home en décembre 2020 sur ARTE. Soutenue par le CIC et le festival d’Aix en Provence dans le cadre du Prix Michel Lucas qu’elle a remporté en 2019, elle s’est produite aux Invalides avec Renaud Capuçon en 2019.
Elle est lauréate du mécénat pour la musique Société Générale en 2021, de la Fondation Kriegelstein en 2020, de la Fondation Nguyen Thien Dao et de la bourse privée Kambouchner en 2019.
Née en 1998 à Reims (France), elle nourrit très tôt une passion pour le monde sans parole des sons et, soutenue par sa famille, met tout en oeuvre au côté de Romano Pallottini au conservatoire de Saint-Maur afin d’intégrer le CNSM de Paris. L’apprentissage du clavecin, du clavicordes et autres claviers jalonne et infuse sa perception des différents répertoires grâce à ses professeurs du conservatoire de Reims, Hélène Dufour, Jean-Louis Delahaut et Benjamin Steens. A son entrée au CNSM dans la classe de Florent Boffard et Anne-Lise Gastaldi, elle fusionne avec le monde percussionistique et co-fonde l’Ensemble Dérive avec des collègues de promotion. Elle se passionne pour le répertoire contemporain, la création et le pupitre de piano d’orchestre. Dans ce cadre, elle collabore avec des compositeurs tel que Bastien David et des orchestres parisiens comme l’Orchestre de Paris, l’OLC, Ensemble Intercontemporain, Ars Nova ou l’ONDIF. Elle continue assidûment le répertoire sur claviers historiques avec Françoise Marmin et Patrick Cohen.
Suite à ses rencontres, elle commence à travailler avec la classe de chant d’Yves Sotin au CNSM et tombe sous le charme de la soprano Lisa Chaïb-Auriol. Elles travaillent à l’élaboration d’un répertoire français et sensible, se produisant en duo depuis 2018. Elle a pu se produire également au Festival de Nice, au Kinnordy Chamber Music Festival (UK), à Casa Menotti de Spoleto (Italie), à Klangakademie Hamburg (Allemagne), à BISMA Łódź (Pologne), et a bénéficié du soutient de l’Académie de Villecroze. Elle a pu travailler avec de grands musiciens tels Michel Béroff, Claudio Martinez Mehner, Rena Shereshevskaya, Pavel Gililov, Jean-François Heisser et Jean-Frédéric Neuburger.
Elle poursuit aujourd’hui ses études en Master, toujours au CNSM, dans la classe de Marie-Josèphe Jude et Jonas Vitaud, et prépare, accompagnée de leur présence bienveillante, les grands concours internationaux.

Charles Heisser

Né à Paris en 1998, issu d’une famille de musiciens, Charles Heisser est initié au piano dès l’âge de 5 ans par ses parents (tous deux pianistes et professeurs). Il entre au Conservatoire du 12ème arrondissement, puis au C.R.R. de Paris, où il pratiquera quelques années la percussion parallèlement au piano. Les classes à horaires aménagés lui permettent de poursuivre sa scolarité générale jusqu’au baccalauréat qu’il obtient avec mention à 16 ans.

A l’âge de 9 ans, il participe au projet de sa professeur Anne-Lise Gastaldi, le « Piano Project » (recueil de commandes à de grands compositeurs tels que Kurtag, Boulez, Fedele, etc..), ainsi qu’à une intégrale de l’œuvre pour piano de Frédéric Chopin, diffusée sur France 3 depuis la Salle Pleyel.

Habitué à la pratique de la musique de chambre lors des sessions à l’Académie d’été de Nice, Charles découvre et se passionne pour le jazz à l’adolescence. Déterminantes, les rencontres avec Martial Solal, puis Manuel Rocheman et Hervé Sellin l’incitent à commencer une formation en jazz, au Conservatoire du IXème, puis au C.R.R. de Paris.

Il obtient ses deux D.E.M. au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, en classique en 2016, et en jazz en 2018.

En avril 2018, alors qu’il assiste à un récital de Chick Corea à la Fondation Vuitton, celui-ci propose aux pianistes se trouvant dans le public de venir partager un moment musical avec lui : Charles a ainsi la chance incroyable d’improviser à 4 mains avec ce pianiste de légende, lors de ce concert diffusé en direct sur Medici TV.

Mais la chance ne s’arrête pas là : Chick Corea, quelques mois plus tard, lui proposera d’inclure ce duo improvisé à son dernier album solo.

Charles Heisser intègre le département Jazz du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en 2018, et réussit le doublon encore inédit d’y entrer également en classe de piano classique. Il y poursuit actuellement les 2 cursus en parallèle.

En 2019, il fait partie des Finalistes du Concours Jazz à la Défense au sein du groupe EPIC SAGA, et remporte le concours international de Jazz de CREST avec son groupe Nota Bene.

 

 

Aurélien Gignoux

Musicien éclectique et engagé, Aurélien Gignoux propose par la clarté de son jeu un espace de matières sonores nouvelles. Happé dès son plus jeune âge par les percussions et ses multiples facettes, il explore également le piano et la batterie, et tisse un lien puissant entre le répertoire classique et le monde de l’improvisation.

En poursuivant ses études au Conservatoire Supérieur de Paris, le désir de développer la musique d’aujourd’hui apparaît comme évident, l’amenant à travailler auprès de nombreux compositeurs tel que Jean-Pierre Drouet, Philippe Hurel, Martin Matalon, Yan Maresz, Bastien David…

Il intègre en 2019 le « Trio K/D/M », réputé pour sa force créatrice. Primé au prestigieux concours international de l’ARD de Munich, il est invité à se produire en soliste avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, l’Orchestre Symphonique d’Osnabrück, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse ou encore l’Orchestre symphonique de Rostov-sur-le-Don.

En 2021, il reçoit la Victoire de la Musique Classique dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental », et devient soliste de l’Ensemble Intercontemporain.

 

Olivia Martin (© Philippe Barbosa)

Olivia Martin, née sur la Côte d’Azur en 1996, entre au CRR de Nice en 2003 dans la classe de percussions, puis étudie parallèlement le piano, la danse, le chant, la guitare électrique et la composition électroacoustique.

Elle quitte la pissaladière et la Méditerranée au lycée pour étudier au CRR de Paris dans la classe de Frédéric Macarez, Philippe Labadie et Eric Sammut. Elle y obtient son baccalauréat scientifique deux ans plus tard puis son DEM de percussions. Elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon à 18 ans dans la classe de Jean Geoffroy, Tâm Nguyen et Henri-Charles Caget (diplômée du Master en 2019). L’année suivante, elle est lauréate du Concours International de Percussions de la Northwestern University à Chicago.

Parallèlement, elle développe un attrait pour la pédagogie et enseigne au conservatoire du 8ème arrondissement de Paris de 2014 à 2015, puis à l’école lyonnaise des cuivres et percussions jusqu’en 2019. Elle rédige son mémoire de recherche sur l’apprentissage de la musique et les neurosciences : « Comment l’apprentissage de la musique modifie-t-il les capacités cognitives chez les enfants ».

Elle est membre des « Percussions de Strasbourg » depuis 2020 et collabore notamment avec le GRAME, l’IRCAM, l’ensemble TaCTuS, les PCL, les Nouveaux Caractères, l’Orchestre de Chambre de Lyon, le Théâtre National Populaire et Disneyland Paris.

Cette année, afin d’élargir ses connaissances du milieu artistique et profitant de la crise sanitaire, elle suivit une formation professionnelle de chargée de production de projets artistiques à l’IESA art & culture et obtint son diplôme mention très bien, major de promotion. Elle crée alors Héra Music, label de production musicale et d’action culturelle.

 

 

 

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