Mardi 27 juillet – 21h30

Mardi 27 Juillet 2021
21h30

La voix
dans tous ses états

Jardins du Musée Matisse

Programme


Paris / Broadway…
Aller – Retour

En sortant de l’école
(Joseph KOSMA / Jacques PREVERT)

Sous le ciel de Paris
(Hubert GIRAUD / Jean DREJAC)

La bicyclette
(Francis LAI / Pierre BAROUH)

Summertime (from Porgy & Bess)
(George & Ira GERSHWIN)

I got Rhythm (from Girl Crazy)
(George & Ira GERSHWIN)

The man I love (from Strike up the Band)
(George & Ira GERSHWIN)

Cerf-volant
(Bruno COULAIS / Christophe BARRATIER)

Vois sur ton chemin (extrait du film Les Choristes)
(Bruno COULAIS / Christophe BARRATIER)

Over the Rainbow (from the MGM film The Wizard of Oz)
(Harold ARLEN / Herbert STOTHART)

I feel pretty (from West Side Story)
(Leonard BERNSTEIN / Stephen SONDHEIM)

Something’s coming (from West Side Story)
(Leonard BERNSTEIN / Stephen SONDHEIM)

Chanson de Delphine à Lancien (extrait du film Les demoiselles de Rochefort)
(Michel LEGRAND / Jacques DEMY)

Un Homme et une Femme (extrait du film Un Homme et une Femme)
(Francis LAI / Pierre BAROUH)

Ménilmontant
(Charles TRENET)


Neïma Naouri
chant
Laurent Naouri chant
Perlie Chasline, Ornella Chasline, Zoé Toselli, Chloé Valetti choristes

Orchestre du Conservatoire de Nice
Thierry Muller direction

Un père nous présente sa fille. Ainsi, Laurent Naouri ouvrira cette soirée avec le délicieux « En sortant de l’école » de Joseph Kosma (dont le piano trône – en hommage – au milieu du hall d’accueil du Conservatoire de Nice), puis laissera la scène à Neïma qui a choisi de naviguer entre la France et l’Amérique, entre Paris et Broadway.
George Gershwin n’a pas « inventé » le Musical américain (la comédie musicale), mais il en a fixé une certaine esthétique. Avant la naissance de la comédie musicale américaine, New York se divertissait aux spectacles des opérettes européennes : La Veuve Joyeuse de Franz Lehár (traduite en The Merry Widow) tenait le haut de l’affiche. Puis, un certain Irving Berlin commença à infléchir le caractère (si typiquement européen) des opérettes viennoises pour élaborer ses propres partitions où – tout en conservant une ligne vocale foncièrement lyrique – l’émergence des nouvelles musiques (et des nouvelles harmonies) se faisait sentir. Jerome Kern, immense compositeur de la même époque, accompagnait cette lente mais inexorable évolution vers un style résolument américain : il existe un disque merveilleux, publié par EMI et intitulé « Broadway Showstoppers », dirigé par le regretté John McGlinn, dans lequel on trouve diverses pages de différents musicals de Jerome Kern (« Some girl is on your mind » extrait de Sweet Adeline, « Who » extrait de Sunny, « All the things you are » extrait de Very warm for may, etc…). Il faut écouter ce disque : toute la naissance du musical américain se déroulera sous vos yeux… et vos oreilles.
Puis, le délicieux No No Nanette de Vincent Youmans (créé en 1925, et dans lequel on trouve le célèbre « Tea for two ») opère une vraie rupture : l’écriture jazzy s’affirme, envahit l’orchestre comme la mélodie vocale, et les épisodes dansés (épisodes ferrés : avec des claquettes) ravissent le public.
Et notre cher Gershwin ? Tout jeune homme, pour gagner sa vie, George Gershwin était « Song-plugger » (on pourrait traduire par « pianiste-démonstrateur ») chez un éditeur de musique : son rôle était de jouer aux clients les morceaux que ceux-ci venaient découvrir et acheter (aujourd’hui, c’est le disque qui remplit cette mission !). C’est d’ailleurs dans ce magasin de l’éditeur Remick’s que George fit la connaissance de Fred et Adèle Astaire (tous deux frère et sœur et déjà stars des scènes de Broadway) : une amitié indéfectible allait se nouer entre ces 3 jeunes artistes, amitié que seule la mort prématurée de Gershwin allait interrompre. Parallèlement à son boulot de Song-Plugger, George commençait à composer. Son premier vrai succès est une chanson écrite en 1919 : « Swanee » (qui deviendra un grand tube pour le chanteur Al Jonson). A la suite de ce succès, on commanda à George des chansons pour alimenter les Revues alors à la mode. Puis… très vite, vint le temps où George Gershwin se vit sollicité pour composer des musicals ! Alors, vont s’enchaîner Lady be good (1924), Tip Toes (1925), Girl Crazy (1930), Strike up the Band (1930), Of thee I sing (1931), Pardon my english (1933), etc…
En réalité, toutes les chansons de Gershwin qui aujourd’hui nourrissent les programmes de concerts, comme les multiples reprises des jazzmen, sont issues de musicals. Il est un fait que le public connaît davantage la production symphonique (Rhapsody in Blue ou An American in Paris, voire son unique opéra Porgy and Bess), mais il ne faut pas sous-estimer la carrière de Gershwin comme auteur de comédies musicales : Il y a bien eu un « avant » et un « après » Gershwin.

Dans cet « après » Gershwin, on trouve des compositeurs tels que Richard Rodgers (l’auteur de La Mélodie du Bonheur, Le Roi et moi, entre autres), Cole Porter, Marvin Hamlisch (qui a écrit Chorus Line), et… naturellement Leonard Bernstein. Avant d’être un film mondialement célèbre, West Side Story a vu le jour sur les scènes de Broadway (en 1957). Le succès du spectacle fut tel qu’une réalisation cinématographique s’imposait. Regret éternel : au coté de Natalie Wood, c’est Elvis Presley qui aurait dû tenir le rôle de Tony… Le remplaçant « fait le job », comme on dit, mais on a tout de même perdu au change…

Revenant d’Amérique, le programme de ce soir aligne les noms de Francis Lai, Michel Legrand (dont Les demoiselles de Rochefort ont fait le tour du monde), Bruno Coulais, Charles Trenet (dont le « Ménilmontant » est si typiquement parisien !), et… un certain Hubert Giraud dont le nom n’est pas resté dans les mémoires (mais sa chanson « Sous le ciel de Paris, si !).
Décidément, avec la complicité décoiffante de Thierry Muller, Neïma nous gâte ce soir !…
Jean-Noël Ferrel

George Gershwin

Leonard Bernstein

Charles Trenet

BIOGRAPHIES

Neïma Naouri

Dès sa naissance, Neïma comprend (elle est très précoce…) qu’elle veut se consacrer aux arts de la scène et plus particulièrement au chant. C’est donc à l’âge de 6 ans qu’elle commence à suivre des cours de piano, puis à 15 ans, elle intègre le CRR de Saint-Maur en Comédie Musicale où elle obtient en 2018 son Diplôme d’Etudes Musicales. Cette même année, elle fait ses débuts sur scène en interprétant le rôle de Hedy Larue dans le célèbre musical « How to succeed in business without really trying » au théâtre de Ménilmontant.
Après une formation professionnelle à l’IMEP Paris College of Music, une école de jazz internationale, elle intègre le groupe vocal de renom The Voice Messengers avec lequel elle sort son premier album en 2021. En 2019, Neïma fait ses débuts à l’opéra avec le rôle de Tzeitel dans « Un violon sur le toit » à l’Opéra National du Rhin, mis en scène par Barrie Kosky.
En 2020, elle figure sur l’album Imaginary soundtrack from the 60’s de Léonard Desarthe, dont la chanson Mad after you est nominée aux Production Music Awards dans la catégorie « Best vocal track ». Cette même année, elle enregistre pour l’album Symphonie pour la vie dont tous les bénéfices sont reversés aux hôpitaux, et elle participe à l’émission télévisée Symphonissime aux côtés d’Yvan Cassard.
Elle intègre ensuite la Royal Academy of Music de Londres en master où elle continue maintenant sa formation.

Laurent Naouri

Après ses études à Londres, Laurent Naouri est rapidement engagé sur de nombreuses scènes nationales puis internationales.
Son répertoire particulièrement diversifié comporte une quarantaine de rôles, depuis les premiers baroques jusqu’aux opéras contemporains.
Plusieurs incarnations vont marquer sa carrière, les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann) à Paris, Madrid, Orange, Milan, Barcelone, Metropolitan Opera de New York, Festival d’Aix-en-Provence, Golaud (Pelléas et Mélisande) au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Bernard Haitink, Glasgow, Salzbourg, Berlin avec Simon Rattle, Madrid, Barcelone, Los Angeles, le Comte Almaviva (Le Nozze di Figaro) à Aix-en-Provence et Tokyo, le rôle-titre de Falstaff à Lyon, Santa-Fe et Glyndebourne, Sharpless (Madama Butterfly) au Metropolitan Opera de New York, ou encore Germont (La Traviata) à Santa-Fe, Tokyo et Dallas.
Il interprète le rôle de Fieramosca (Benvenuto Cellini) à Amsterdam, Méphistophélès (La Damnation de Faust) à l’Opéra de Lyon, Dallas, Londres, Édimbourg, le Marquis de la Force (Dialogues des Carmélites) au Bayerische Staatsoper de Munich, Ruprecht (L’Ange de Feu) à l’Opéra National de Lyon, Capulet (Roméo et Juliette) à New York.
Plus récemment, il interprète le rôle de Somarone (Béatrice et Benedict), ainsi que celui de Vautrin dans la création de l’opéra Trompe la Mort (composé par Luca Francesconi) à l’Opéra de Paris, les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann), Pandolfe (Cendrillon) et Capulet (Roméo et Juliette) au Metropolitan Opera de New York, le Grand-Prêtre (Samson et Dalila) au Théâtre des Champs-Elysées et au Metropolitan Opera de New York, Don Gaspar (L’Ange de Nesida) à Covent Garden, Germont (La Traviata) au Théâtre des Champs-Elysées, Mamma Agata (Viva La Mamma) à l’opéra National de Lyon et au Grand Théâtre de Genève, Golaud (Pelléas et Mélisande) à Helsinki, Sharpless (Madama Butterfly), Les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann), le roi Ignace (Yvonne de Bourgogne) à l’Opéra National de Paris.
Il se produit également en récital aux côtés de Natalie Dessay et Maciej Pikulski avec un programme dédié à la Mélodie française.
Parmi ses projets, il chantera Scarpia (Tosca) et Tomski (La Dame de Pique) au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, Le Grand-Prêtre (Œdipe) à l’Opéra National de Paris, Pandolfe (Cendrillon) au Metropolitan Opera de New York, Don Alfonso (Cosi fan Tutte), le Directeur de Théâtre (Les Mamelles de Tiresias) au Théâtre des Champs-Elysées, Golaud (Pelléas et Mélisande) à Tokyo…

Thierry Muller (©Jaussein)

Thierry Muller est né en 1964, à Lille. Après des études musicales au Conservatoire de Rouen, il entre en 1984 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de flûte de Michel Debost.
Parallèlement aux études instrumentales, il étudie l’harmonie et l’écriture avec Alain Bernaud.
Dès sa sortie du CNSM, il s’intéresse à la direction des établissements d’enseignement artistique, et obtient successivement le Certificat d’Aptitude de professeur chargé de direction, puis de directeur de conservatoire.
Sa carrière le mène alors du Conservatoire Caux vallée de Seine, en Normandie, au Conservatoire de Grenoble et aujourd’hui au Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice, l’un des plus importants et prestigieux de France.
Ce parcours professionnel lui permet également de développer une importante activité de chef d’orchestre et un travail de compositeur commencé, de façon autodidacte, depuis l’âge de 16 ans.
Récompensé par de nombreux Prix nationaux et internationaux pour sa contribution au renouveau du répertoire des ensembles à vents, tradition française dont il est issu, il compose aujourd’hui pour des formations variées, allant des ensembles de musique de chambre à l’orchestre, en passant par le répertoire pour soliste et les œuvres à caractère pédagogique.

« Over the Rainbow » (from The Wizard of Oz)

Partager sur les réseaux...