Mardi 27 juillet – 20h

Mardi 27 Juillet 2021
20h

La voix
dans tous ses états

Jardins du Musée Matisse

Programme


Gustav Mahler :
Des Knaben Wunderhorn
(Le Cor merveilleux de l’enfant)


Der Schildwache Nachtlied
(Chant nocturne de la sentinelle)
duo

Ich ging mit Lust durch einen grünen Wald (Je marchais avec joie à travers un bois vert)
Delphine Haidan

Der Tamboursg’sell (Le tambour)
Laurent Naouri

Urlicht (Lumière primaire)
Delphine Haidan

Revelge (Le réveil)
Laurent Naouri

Scheiden und Meiden (Partir et se séparer)
Delphine Haidan

Wo die schönen Trompeten blasen (Là où les fières trompettes sonnent)
Laurent Naouri

Das irdische Leben (La vie ici-bas)
Delphine Haidan

Lob des hohen Verstandes (Éloge de la haute sagesse)
Laurent Naouri

Lied des Verfolgten im Turm (Chant du prisonnier dans la tour)
duo


Delphine Haidan
mezzo-soprano
Laurent Naouri baryton-basse
Jeff Cohen piano

Gustav Mahler

Grâce à Visconti et son film Mort à Venise (où l’Adagietto de la 5ème symphonie résonnait comme une voix intime et récurrente), et grâce aussi à la persévérance infatigable de quelques chefs (tels Bruno Walter, Willelm Mengelberg – lequel laissa au Concertgebouw d’Amsterdam une tradition mahlérienne que Bernard Haitink poursuivit et magnifia -, Jascha Horenstein, Leonard Bernstein ou Otto Klemperer), l’univers symphonique de Mahler est peu à peu sorti du cadre confidentiel où une polie mise à distance le maintenait.
C’est bien. C’est très bien. Mais le Mahler symphoniste s’est imposé au détriment des Lieder (excepté les Kindertotenlieder que l’enregistrement de Kathleen Ferrier a porté jusqu’à une adhésion universelle).
D’autres cycles ont émergé peu à peu : les Rückert-Lieder et les Lieder eines fahrenden Gesellen (grâce, en partie, à la dévotion d’un chanteur comme Fischer-Dieskau qui a toujours abondamment servi Mahler, jusque dans ses ultimes enregistrements).
Le cycle en forme d’adieu au monde, Das Lied von der Erde (« Le Chant de la Terre »), véritable et vaste poème symphonique avec voix, est aujourd’hui aussi présent dans les catalogues discographiques que le sont les symphonies (moins au concert, par contre).
Quant aux cycles de jeunesse, Das klagende Lied et Des Knaben Wunderhorn, seuls les mahlériens fervents connaissent leur existence… Il s’agit pourtant de cycles matriciels – surtout Des knaben Wunderhorn – qui, tous deux, prennent leur origine dans l’univers du conte ou des légendes : Das klagende Lied dérive d’un conte de Grimm (« Die Singende Knochen » : L’Os qui chante), et Des knaben Wunderhorn est tiré d’un recueil éponyme de poèmes écrits entre la fin du Moyen-Age et le XVIIIe siècle. On s’accorde à penser que Mahler prit connaissance de ce recueil durant l’année 1887, soit quelques mois seulement avant de composer sa 1ère Symphonie (dans laquelle le 1er mouvement n’est qu’un immense éveil de la nature, une lente et patiente naissance de chacun des éléments qui seront l’ordre du Monde). Cet attrait pour la nature – la Nature – se retrouve dans la 3ème Symphonie par exemple (où le Dieu Pan lui-même est convoqué), et se manifeste pleinement dans ce recueil poétique du « Knaben Wunderhorn » dont Mahler utilisera une quinzaine de textes pour élaborer (entre 1892 et 1895) son cycle de mélodies.
Bruno Walter, ami de Mahler, et qui dirigea tant de fois ses symphonies (il a même été le créateur de Das Lied von der Erde), a écrit un livre essentiel sur Mahler. Il me paraît naturel de lui laisser la parole : « Lorsqu’il lut enfin le Knaben Wunderhorn, Mahler dut avoir l’impression de se retrouver chez lui. Tout ce qui l’émouvait y figure : la nature, la piété, le désir, l’amour, la séparation, la nuit, la mort, le monde des esprits, les contes de lansquenets, la joie de la jeunesse, les espiègleries de l’enfance, les caprices humoristiques en jaillissent comme ils jaillissent de ses mélodies. De l’heureuse union d’une poésie innée et d’une musique qui lui était étroitement apparentée, naquit une série d’œuvres exquises, révélant une personnalité forte et originale ».
Quelques pages plus loin, Bruno Walter juge nécessaire de s’attarder sur un Lied en particulier de ce cycle : « Autre importante œuvre de jeunesse d’inspiration populaire : Das irdische Leben (La vie ici-bas). Cette mélodie (…) est une œuvre d’une grande individualité et Mahler lui-même la plaçait très haut – ce qui ne surprend pas car l’œuvre traduit simplement, mais avec une grande intensité, la douleur du monde qui hanta Mahler toute sa vie et qu’il devait continuer d’exprimer avec une force accrue dans la maturité de son génie. Cette mélodie a, en outre, le mérite d’être la première dans laquelle l’originalité de son langage musical se manifeste pleinement ».
Il faut croire Bruno Walter (et méditer ses enregistrements) : il a été l’ami du compositeur, et fervent messager de son Œuvre, durant 17 ans !…
Jean-Noël Ferrel

TEXTES

Chant nocturne de la sentinelle
« Je ne peux et ne veux être gai :
Quand tout le monde dort,
je dois veiller
et être triste ! »
« Ah, garçon, tu ne dois pas être triste
car je t’attendrai
dans la roseraie,
dans les trèfles verts. »
« Vers les trèfles verts, je n’irai pas,
au jardin des armes,
plein de hallebardes,
j’ai été placé. »
« Si tu vas sur le champ de bataille, que Dieu te vienne en aide !
De la grâce de Dieu
tout dépend
pour celui qui croit ! »
« Celui qui croit est au loin,
Il est roi,
il est empereur,
et il fait la guerre. »
Halte ! Qui va là ? Demi-tour et reculez !
Qui a chanté ici ? Qui a chanté à cette heure ?
Une sentinelle perdue
chantait à minuit.
Minuit ! Une sentinelle !

Je marchais avec joie
Je marchais avec joie à travers un bois vert,
J’entendais chanter les petits oiseux ;
Leurs chants étaient si jeunes, leurs chants étaient si vieux,
Les petits oiseaux dans le bois vert !
Comme j’écoutais joyeusement leurs chants !
Maintenant, chante, maintenant, chante, Monsieur Rossignol !
Chante près de la maison de mon bien-aimé :
Viens donc, quand il fera sombre,
Quand personne ne sera dans la rue,
Alors viens chez moi !
Je te laisserai entrer, oui entrer !
Le jour est parti, la nuit est tombée,
Il arriva chez sa bien-aimée.
Il frappe si doucement l’anneau :
« Hé ! Est-ce que tu dors ou es-tu éveillée, mon enfant ?
J’attends depuis si longtemps !
La lune regarde à travers la petite fenêtre,
La chère et douce chérie.
Le rossignol a chanté toute la nuit,
Toi, jeune fille endormie, prends garde !
Où est ton amoureux ?

Le tambour
Moi, pauvre tambour !
On me mène hors de mon souterrain,
Si j’étais resté tambour,
je ne serais pas prisonnier.
Oh potence, demeure si haute,
tu sembles si terrible,
je ne veux plus te regarder
parce que je sais que je suis à toi.
Quand passeront en marchant les soldats
qui n’étaient pas logés avec moi,
quand ils demanderont qui je suis :
j’étais le tambour de la première compagnie.
Bonne nuit, rocs de marbre,
montagnes et collines.
Bonne nuit, officiers,
caporaux et mousquetaires.
Bonne nuit, officiers,
caporaux et grenadiers,
je crie d’une voix forte
et je vous fais mes adieux !
Bonne nuit ! Bonne nuit !

Lumière primaire
Ô Petite rose rouge,
L’humanité gît dans une très grande misère,
L’humanité gît dans une très grande souffrance.
Toujours j’aimerais mieux être au ciel.
Une fois je venais sur un large chemin,
Un ange était là qui voulait me repousser.
Mais non, je ne me laissais pas repousser !
Je viens de Dieu et je retournerai à Dieu,
Le cher Dieu qui me donnera une petite lumière
Pour éclairer mon chemin vers la vie éternelle et bénie !

Le réveil
Le matin entre trois et quatre heures,
nous devons marcher, nous les soldats
dans la ruelle en haut et en bas,
tralali, tralalei, tralala,
ma bien-aimée nous regarde !
« Ah, frère, je suis touché,
La balle m’a frappé gravement,
porte-moi au quartier,
tralali, tralalei, tralala,
il n’est pas loin d’ici. »
« Ah, frère, je ne peux pas te porter.
Les ennemis nous ont battu,
Que Dieu te vienne en aide ;
tralali, tralalei, tralala,
je dois marcher jusqu’à la mort. »
« Ah, frère, vous passez devant moi,
comme si tout était fini avec moi.
Vous, gueux d’ennemis, vous êtes ici,
tralali, tralalei, tralala,
vous m’approchez de trop près.
Je dois battre mon tambour
sinon je me perdrai moi-même entièrement,
les frères semés serrés,
tralali, tralalei, tralala,
ils sont couchés comme s’ils étaient fauchés. »
Il bat et bat son tambour,
il réveille ses frères silencieux,
ils battent l’ennemi,
tralali, tralalei, tralala,
une épouvante frappe l’ennemi.
Il bat et bat son tambour,
ils sont à nouveau dans leur quartier de nuit,
ils entrent dans la ruelle,
tralali, tralalei, tralala,
ils marchent vers la maison de la bien-aimée.
Le matin ils se tiennent là les corps,
en rangs et en files comme des pierres tombales
le tambour est en tête
tralali, tralalei, tralala,là
pour qu’elle puisse le voir.

Partir et se séparer
Trois chevaliers ont franchi la grande porte, adieu !
La belle regardait par la fenêtre, adieu !
Mais s’il faut nous séparer
Donne-moi ton petit anneau d’or, adieu !
Oui, partir et se séparer, cela fait mal, adieu !
L’enfant au berceau connaît déjà la séparation, adieu !
Quand retrouverai-je ma petite chérie ? Adieu !
Si ce n’était pas demain, si c’était aujourd’hui ?
Cela nous rendrait très heureux tous les deux, adieu !
Oui, partir et se séparer, cela fait mal, adieu !

Là où les fières trompettes sonnent
– « Qui donc frappe au dehors à ma porte ?
Qui si doucement me réveille ? »
– « C’est le plus cher à ton coeur,
lève-toi et me laisse venir à toi !
Pourquoi devrais-je rester ici plus longtemps à t’attendre ?
Je vois se lever l’aube, l’aube,
deux pâles étoiles.
Près de mon amour j’aimerais être,
près de la plus chère à mon coeur ! »
La jeune fille se leva et le laissa entrer,
elle lui souhaita la bienvenue.
« Bienvenue mon cher enfant,
qui as si longtemps patienté ! »
Elle lui tend aussi sa main, blanche comme neige.
Au loin chantait un rossignol,
et là elle se mit à pleurer.
« Ah, ne pleure pas ma chérie,
d’ici un an tu seras mienne.
Mienne, sûrement
comme nulle autre au monde.
Ô mon amour, sur cette verte Terre. »
Je pars pour la guerre sur la lande verte ;
lande verte si vaste !
Partout où sonnent les fières trompettes,
c’est là qu’est ma demeure, ma demeure de vert gazon !

La vie ici-bas
« Mère, ah, mère ! J’ai faim.
Donne-moi du pain ou je meurs ! »
« Attends un peu, mon enfant chéri.
Demain nous irons vite moissonner. »
Et quand le blé eut été coupé,
l’enfant criait toujours :
« Mère, ah, mère ! J’ai faim.
Donne-moi du pain ou je meurs ! »
« Attends un peu, mon enfant chéri.
Demain nous irons vite le battre. »
Et quand le blé eut été battu,
l’enfant criait toujours :
« Mère, ah, mère ! J’ai faim.
Donne-moi du pain ou je meurs ! »
« Attends un peu, mon enfant chéri.
Demain nous irons vite le cuire. »
Et quand le blé eut été cuit
l’enfant gisait sur son lit de mort.

Éloge de la haute sagesse
Une fois dans une vallée profonde,
Le coucou et le rossignol
Firent un pari :
Chanter un chef d’œuvre.
Qu’il gagne par art ou par chance,
Le vainqueur gagnerait la gloire.
Le coucou dit : « Si tu es d’accord,
Je nommerai le juge. »
Et il nomma aussitôt l’âne.
« Puisque il a de grandes oreilles,
Il peut entendre d’autant mieux
Et saura ce qui est bien. »
Ils s’envolèrent vite vers le juge
Et quand l’affaire lui fut expliquée,
Il leur dit qu’ils devaient chanter.
Le rossignol chanta adorablement !
l’âne dit : « Tu me donnes le vertige !
Tu me donnes le vertige. Hi-han ! hi-han !
Je ne peux le supporter dans ma tête ! »
Le coucou alors commença vite
Son chant avec des tierces, des quartes, des quintes.
L’âne le trouva plaisant et dit seulement :
« Attends ! Attends ! Attends ! Je vais prononcer le jugement,
Tu as bien chanté, Rossignol !
Mais Coucou, tu as chanté un bon choral !
Et tu gardes bien le rythme !
Donc je dis suivant ma haute sagesse
Et bien que cela puisse coûter un pays entier
Que tu as gagné ! »

Chanson du prisonnier dans la tour
– Le prisonnier :
Les pensées sont libres,
qui peut les deviner ?
Elles passent vite
comme les ombres nocturnes.
Personne ne les connaît,
aucun chasseur ne les tirera ;
car il en est ainsi :
les pensées sont libres.
– La jeune fille :
En été il est bon d’être heureux
dans les landes hautes et sauvages,
où on trouve un petit espace vert,
mon trésor bien-aimé,
je ne veux pas être séparée de toi.
– Le prisonnier :
Et si on m’enferme
dans un sombre cachot,
ce sera tout à fait
en vain qu’ils essaieront.
Car mes pensées
détruisent les barrières
et brisent les murs :
les pensées sont libres.
– La jeune fille :
En été il est bon d’être heureux
dans les montagnes hautes et sauvages ;
on est toujours seul là-haut ;
on entend aucun enfant crier,
et l’air est si vous transporte !
– Le prisonnier :
Qu’il en soit, comme c’est décidé,
et si cela arrive
que cela soit en silence ;
Et ce qui réjouit mon cœur,
mes souhaits et mes désirs
personne ne peut les retenir ;
car il en est ainsi :
les pensées sont libres !
– La jeune fille :
Mon trésor, tu chantes si gaiement
comme si tu étais un petit oiseau dans l’herbe ;
et je me tiens si tristement près de la porte du cachot,
si seulement j’étais morte, ou si j’étais près de toi,
Ah, dois-je toujours me lamenter ?
– Le prisonnier :
Et parce que tu te lamentes ainsi,
je renoncerai à l’amour,
et si j’ose le faire,
alors rien ne me tourmentera.
Aussi dans mon cœur
je pourrai toujours rire et plaisanter,
car il en est ainsi :
les pensées sont libres !

BIOGRAPHIES

Delphine Haidan (©Jean-Baptiste Millot)

Titulaire d’une maîtrise de Musicologie à l’Université de la Sorbonne, d’un Prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et de nombreux Prix dans des concours internationaux, Delphine Haidan intègre par la suite l’Ecole d’Art Lyrique.
Elle se produit aussi bien sur les scènes d’opéra qu’en récital (Opéra Bastille, Musée d’Orsay, Opéra-Comique, Moscou…) et a été engagée dans de nombreuses productions telles que Les Contes d’Hoffmann (la Muse/Nicklausse) à Paris (Opéra Bastille) et Zurich, La Damnation de Faust (Marguerite) à Moscou et Kiev, et plus récemment L’Enfant et les Sortilèges (la Chatte, l’Ecureuil) à la Scala de Milan et Seattle, ainsi que Pelléas et Mélisande (Geneviève) à Tokyo.
Elle a chanté en France (Grand-Théâtre de Bordeaux, Capitole de Toulouse, Théâtre des Champs-Elysées, Opéra-Comique…) mais aussi à l’étranger (Festival de Glyndebourne, Musikverein et Konzerthaus de Vienne, Maestranza de Séville, Festival de Santander et de Perelada, London Royal Albert Hall, Seattle, Moscou…).
Sa discographie comprend entre autres : Die Zauberflöte (Erato), Lakmé (direction Michel Plasson – Emi) aux côtés de Natalie Dessay, Harmonieuses dissonances d’Eric Montalbetti (Alpha), Symphonie pour la vie (soutien aux soignants – Warner) et son dernier enregistrement Deux Mezzos sinon rien (Klarthe) avec Karine Deshayes, récompensé d’un « CHOC Classica ».
Parmi ses projets : Anna dans Les Troyens sous la direction de Francois Xavier Roth avec l’Orchestre des Siècles au Festival Berlioz, et Filipievna (Eugen Onegin) au Théâtre des Champs-Elysées dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig.

Laurent Naouri

Après ses études à Londres, Laurent Naouri est rapidement engagé sur de nombreuses scènes nationales puis internationales.
Son répertoire particulièrement diversifié comporte une quarantaine de rôles, depuis les premiers baroques jusqu’aux opéras contemporains.
Plusieurs incarnations vont marquer sa carrière, les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann) à Paris, Madrid, Orange, Milan, Barcelone, Metropolitan Opera de New York, Festival d’Aix-en-Provence, Golaud (Pelléas et Mélisande) au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Bernard Haitink, Glasgow, Salzbourg, Berlin avec Simon Rattle, Madrid, Barcelone, Los Angeles, le Comte Almaviva (Le Nozze di Figaro) à Aix-en-Provence et Tokyo, le rôle-titre de Falstaff à Lyon, Santa-Fe et Glyndebourne, Sharpless (Madama Butterfly) au Metropolitan Opera de New York, ou encore Germont (La Traviata) à Santa-Fe, Tokyo et Dallas.
Il interprète le rôle de Fieramosca (Benvenuto Cellini) à Amsterdam, Méphistophélès (La Damnation de Faust) à l’Opéra de Lyon, Dallas, Londres, Édimbourg, le Marquis de la Force (Dialogues des Carmélites) au Bayerische Staatsoper de Munich, Ruprecht (L’Ange de Feu) à l’Opéra National de Lyon, Capulet (Roméo et Juliette) à New York.
Plus récemment, il interprète le rôle de Somarone (Béatrice et Benedict), ainsi que celui de Vautrin dans la création de l’opéra Trompe la Mort (composé par Luca Francesconi) à l’Opéra de Paris, les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann), Pandolfe (Cendrillon) et Capulet (Roméo et Juliette) au Metropolitan Opera de New York, le Grand-Prêtre (Samson et Dalila) au Théâtre des Champs-Elysées et au Metropolitan Opera de New York, Don Gaspar (L’Ange de Nesida) à Covent Garden, Germont (La Traviata) au Théâtre des Champs-Elysées, Mamma Agata (Viva La Mamma) à l’opéra National de Lyon et au Grand Théâtre de Genève, Golaud (Pelléas et Mélisande) à Helsinki, Sharpless (Madama Butterfly), Les Quatre Rôles Maléfiques (Les Contes d’Hoffmann), le roi Ignace (Yvonne de Bourgogne) à l’Opéra National de Paris.
Il se produit également en récital aux côtés de Natalie Dessay et Maciej Pikulski avec un programme dédié à la Mélodie française.
Parmi ses projets, il chantera Scarpia (Tosca) et Tomski (La Dame de Pique) au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, Le Grand-Prêtre (Œdipe) à l’Opéra National de Paris, Pandolfe (Cendrillon) au Metropolitan Opera de New York, Don Alfonso (Cosi fan Tutte), le Directeur de Théâtre (Les Mamelles de Tiresias) au Théâtre des Champs-Elysées, Golaud (Pelléas et Mélisande) à Tokyo…

Jeff Cohen

Pianiste et compositeur, Jeff Cohen (né à Baltimore) mène une carrière où se mêlent des répertoires et des genres habituellement séparés.
Il se produit avec de nombreux artistes tels Roberto Alagna, June Anderson, Cecilia Bartoli, Yann Beuron, Jane Birkin, Tassis Christoyannis, Karine Deshayes, Elsa Dreisig, Jean-Paul Fouchécourt, Véronique Gens, Isabelle Georges, Angela Gheorghiu, Ivry Gitlis, Ida Haendel, Sumi Jo, Aleksandra Kurzak, Steve Lacy, François Le Roux, Noël Lee, Ute Lemper, Blanca Li, Mady Mesplé, Didier Sandre…
Il enregistre plusieurs disques : l’intégrale des mélodies de R. Hahn, Lalo, Saint-Saëns, Gounod, Godard avec T. Christoyannis et le Palazetto Bru-Zane ; un récital live à La Scala avec A. Gheorghiu ; des mélodies de Duparc, Fauré, Hahn, Gounod, Lœffler avec François Le Roux ; des lieder de Mozart au pianoforte avec V. Dietschy ; l’œuvre de Vieuxtemps et des sonates de Mendelssohn et Hummel pour alto et piano avec P. Lénert ; des chansons de K. Weill et de cabaret avec Ute Lemper ; des chansons de Korngold avec Isabelle Georges ; des chansons de fado avec Luisa Cruz…
Il travaille comme chef de chant sur des enregistrements d’opéra avec des chefs d’orchestre tels Bertrand de Billy, Mark Elder, Christopher Hogwood, John Nelson, Michel Plasson et Georg Solti.
Il a été chef de chant à l’Opéra de la Monnaie à Bruxelles, professeur à l’Ecole d’Art Lyrique de l’Opéra de Paris, responsable musical au Théâtre du Châtelet et conseiller à la Bibliothèque Nationale de France pour une série de concerts sur la mélodie française.
Jeff Cohen a dirigé l’orchestre de L’Opéra de quat’ sous mis en scène par G. Strehler au Théâtre du Châtelet, a assisté M.-W. Chung pour Otello à l’Opéra-Bastille, a collaboré avec Patrice Chéreau pour Hamlet et Lucio Silla. Il a joué dans Impressions de Pelléas de Peter Brook et avec Fanny Ardant dans Masterclass, mise en scène de Roman Polanski. Il a été directeur d’études musicales de Street Scene de K. Weill avec l’Atelier Lyrique de l’Opéra-Bastille. Il a tourné avec la chorégraphe B. Li dans son spectacle Le Jardin des délices.
Jeff Cohen étudie le piano avec Leon Fleisher, Reine Gianoli et Peter Feuchtwanger. Il vit actuellement à Paris où il est professeur de Lied et de mélodie au Conservatoire National.
Il compose des musiques de scène et de films (N. Lvovsky, C. Klapisch C. Serreau entre autres). Il a conçu et animé une émission pour les enfants, Jeff d’orchestre, à la télévision française.
Jeff Cohen est nommé Commandeur des Arts et des Lettres en 2019.

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