Dimanche 15 août – 19h30

CONCERT  DE 

Ensemble  INICIA !

15.08.2021 | 19h30 | Entrée libre

Scène du parvis Nord du musée Matisse

Jardin des Arènes de Cimiez, Nice

Inicia ! est un collectif de trois compositeurs
(Alireza Farhang, Antonin Servière, Patrick Marcland)
ayant pour ambition de faire rayonner la création musicale
contemporaine dans la région de Nice.

L’ensemble propose des concerts
et des interventions musicales
dans des cadres transdisciplinaires et en dialogue
avec les autres arts.

Composé de musiciens variés et de renom,
Inicia ! collabore avec les compagnies résidentes au pôle
de cultures contemporaines du 109 à Nice.

Programme


Patrick MARCLAND
Eclipsis, pour trompette et alto (2007), 8’
Alto solo 1 (2008-2021), 10’

Michio KITAZUME
Side by Side, pour percussion solo (1977), 8’

Ricardo NILLNI
Transeo tandem, pour trompette à double pavillon (2019), 4’

Alireza FARHANG
Wīs ô Rāmīn, pour flûte, clarinette et percussion (2015-2019), 10’
I. Éclipse
II. Nocturne

Betsy JOLAS
Épisode 6, pour alto solo (1984), 8’

Edgar VARÈSE
Densité 21.5, pour flûte solo (1936), 4’

Antonin SERVIÈRE
Engrenage, pour flûte basse, clarinette basse, saxophone baryton et percussion (2021), 8’

 

Laurent Camatte (alto), François Draux (clarinette basse),
Benoit Maurin (percussion), Jean-Luc Menet (flûte),
Noé Nillni (trompette), Antonin Servière (saxophone)

 

Ce concert est organisé dans le cadre des manifestations de « Mon été à Nice ».

Inicia ! bénéficie du soutien du CIRM, de la DRAC et de la ville de Nice.

Prochains événements de l’Ensemble Inicia ! :
16-20 août 2021 : résidence au 109 pour le tournage du film « Rituels »,
trois créations chorégraphiques et musicales de la Compagnie /TranS/ Laurence Marthouret
octobre 2021 à 20h : concert inaugural de la saison du CIRM et projection du film.

OEUVRES

Eclipsis,
pour trompette et alto (2007) – Patrick MARCLAND
Commande de l’Ensemble Intercontemporain avec le soutien de la Sacem
Phénomène autant allégorique que scientifique à l’époque antique, jeu ou combat de dieux, présage, etc., l’éclipse est ici invoquée dans toutes ses acceptions, d’où la préférence du titre latin pour cette pièce où les deux protagonistes se livrent à un jeu de masque et d’illusion. L’un domine l’autre, alternativement, même lorsque le son de l’alto, dans la quête d’une égalité impossible, cherche à se fondre à celui de la trompette, dans une ambiguïté renforcée par l’apport de l’électronique. La sonorité particulière de l’alto a souvent pour moi une forme de parenté avec celle des cuivres. C’est pourquoi je l’ai associé ici à la trompette (avec sourdines), dans une sorte d’errance nostalgique. Rien de narratif dans ce dialogue abstrait, mais plutôt la simple mise en oeuvre d’un antagonisme et d’une parenté qui en constituent la dynamique. Une courte ébauche de ce duo se trouvait présente dans ma pièce musicale et chorégraphique « Etude » créée en 1995 au Centre G.Pompidou avec six musiciens de l’Ensemble Intercontemporain. Jean-Jacques Gaudon et Christophe Desjardins en étaient déjà les interprètes. C’est à la demande de ce dernier que j’ai ensuite développé ce travail. La pièce lui est dédiée.
Patrick Marcland

Alto solo 1
(2008-2021) – Patrick MARCLAND
La première partie de cette pièce a été écrite en 2007 pour l’altiste Christophe Desjardins récemment décédé et devait initialement constituer la musique d’un film de court-métrage qui n’a finalement pas vu le jour. Le canevas formel, les rythmes et la dynamique sont issus du déroulement du film dont la musique suivait en quelque sorte les méandres et la dramaturgie. New York en était le sujet et le personnage principal et cette ville, qui se transforme sans cesse tout en restant la même, a je crois plus ou moins consciemment imprégné l’écriture. J’ai ensuite, à la demande de Laurent Camatte, écrit une deuxième partie – sorte de miroir augmenté et déformé de la première – pour une soirée d’hommage à Christophe Desjardins organisé par la Philharmonie de Paris en février 2021. L’oeuvre qui en résulte requiert une grande virtuosité, passant par des moments de violence et d’apparent chaos analogue à celui d’une grande métropole.

Side by Side,
pour percussion solo (1977) – Michio KITAZUME
Le compositeur japonais Michio Kitazume est l’auteur d’un vaste catalogue couvrant tous les genres. Sa pièce Side by Side doit beaucoup à Xenakis et sa célèbre pièce Rebonds (pour percussion seule), avec qui elle partage un effectif similaire (bongos, toms, congas) et l’utilisation de formules répétitives.

Transeo tandem,
pour trompette à double pavillon (2019) – Ricardo NILLNI
Ricardo Nillni est un compositeur argentin dont la musique est guidée par des principes de fluidité et de continuité, de transparence formelle, et d’épaisseur de sonorités. Ses rencontres successives avec la « musique concrète instrumentale » de Lachenmann d’une part, et l’école spectrale de Grisey de l’autre, participent à forger son identité musicale. Mais ce sont les arts visuels, et en particulier l’oeuvre de Sol Lewitt, qui façonnent aujourd’hui son itinéraire créatif en composition, à travers un système harmonique personnel et une recherche de « géométrie vibratoire ».

Wīs ô Rāmīn, I. Éclipse, II. Nocturne,
pour flûte, clarinette et percussion (2015-2019) – Alireza FARHANG
Commande de l’Ensemble HANATSUmiroir
Wīs ô Rāmīn est un roman d’amour que le poète persan Fakhr-al-Dīn Gorgāni écrivit sous forme poétique à Ispahan entre les années 1049 et 1055, qui surprend aujourd’hui l’imaginaire européen par sa ressemblance étonnante avec le roman de Tristan et Iseut, écrit un siècle plus tard. Ici, l’enjeu a été d’évoquer ce récit ancien par des moyens nouveaux, en remplaçant le contenu narratif du texte par des fragments de mots ou des phonèmes, réalisés par les trois instrumentistes, pouvant traduire de manière différente les émotions du récit. Mots, sons et gestes sont donc ici les trois éléments essentiels de cette pièce.

Épisode 6,
pour alto solo (1984) – Betsy JOLAS
Épisode 6 fait partie d’un cycle pour instruments seuls écrit par la compositrice franco-américaine Betsy Jolas sur plusieurs années. À la manière des Sequenze de Luciano Berio, écrit le musicologue Alban Ramaut, la série des « Épisodes » est comme « un terrain d’expérimentation autour d’une investigation-appropriation du jeu de l’interprète sur son instrument ».

Densité 21.5,
pour flûte solo (1936) – Edgar VARÈSE
Écrit à la demande du flûtiste Georges Barrère (1876-1944) en 1936, puis révisée dix ans plus tard, Densité 21.5 tire son nom de la densité de platine nécessaire à la flûte de son commanditaire, équivalent à 21,5 grammes par centimètre cube. La pièce révèle ainsi l’intérêt constant du compositeur pour la physique mais aussi, plus généralement, pour le concept d’« art-science » (Edgar Varèse fut, comme on le sait, un pionnier de la musique électronique). En outre, on y remarquera l’un des premiers effets de bruits de clés sur un instrument à vent, comme un clin d’oeil musical de Varèse aux instruments de percussion qu’il affectionnait tant.

Engrenage,
pour flûte basse, clarinette basse, saxophone baryton et percussion (2021) – Antonin SERVIÈRE
Cette oeuvre a été écrite pour une chorégraphie de la Compagnie /TranS/ Laurence Marthouret. Son inspiration est indissociable du cadre dans lequel sera tourné le film : d’anciens abattoirs, où le vivant devient mort, où les souffles sont coupés, les mouvements obstrués, dans un rituel machinal, un engrenage inéluctable dans lequel l’animal-marchandise est soumis à la loi du marché. La musique se développe ainsi, passant d’une déambulation imaginaire dans ces espaces mortuaires à de violents rappels de l’horreur qui s’y trouvait. L’effectif choisi (trois instruments à vent graves, une percussion) répond donc à cet univers sordide et indifférencié : souffles, frottements, raclements et frappements. S’y ajoute une série d’ostinatos imbriqués, conduisant contre toute attente à une sorte de cavalcade, comme une course à la liberté.

BIOGRAPHIES

Laurent CAMATTE, altiste
Né à Marseille dans une famille de musiciens, Laurent Camatte débute sa formation musicale comme chanteur à la maîtrise d’enfant de Tours avant de se consacrer exclusivement à la pratique de l’alto et à l’écriture musicale. À l’issue de ses études au Conservatoire de musique de Marseille où il obtient cinq Prix (Alto, Musique de chambre, Formation Musicale, Harmonie et Contrepoint), il intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il y obtient un prix d’alto (1999 – classe de Bruno Pasquier), puis d’analyse musicale (2002 – classe de Michael Levinas). Depuis 2006, il collabore avec l’ensemble Multilatérale (Paris), Proton (Berne), Court-circuit (Paris) ou encore Linéa (Strasbourg). Sa maîtrise des diverses techniques et spécificités musicales propres au langage contemporain a amené l’altiste Laurent Camatte à être très sollicité par les compositeurs.

François DRAUX, clarinettiste
Né à Valenciennes dans une famille de musiciens, François Draux est clarinettiste. Diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il étudie auprès de Michel Arrignon et Arnaud Leroy, il se spécialise en musique de chambre avec Philippe Bernold. Il est finaliste du Concours International Claude Debussy en 2007 puis obtient, un an plus tard, le poste de Clarinette solo à l’Orchestre de Cannes, place qu’il occupe toujours actuellement. Artiste Yamaha depuis 2020, il contribue au développement des clarinettes de demain.

Benoît MAURIN, percussionniste
Très tôt attiré par les instruments les plus encombrants et les plus bruyants de l’orchestre, Benoît commence avec un tambour, à l’âge de sept ans, ses études musicales et percussives dans sa ville natale de Lyon, avant de les poursuivre à Saint-Etienne puis en intégrant, en septembre 2007, la classe de percussion du CNSMD de Paris où il obtiendra un Master d’interprète en juin 2012. Benoît Maurin vient d’être nommé professeur de percussions à l’Académie de Musique de Monaco.

Jean-Luc MENET, flûtiste
Jean-Luc Menet, flûtiste, est lauréat de plusieurs concours internationaux, dont celui de la Fondation Gaudemus pour la musique contemporaine en Hollande. Il fonde l’Ensemble Alternance en 1983 pour donner vie à la musique de notre temps, et créer un nouveau répertoire.

Noé NILLNI, trompettiste
Noé Nillni est trompettiste. Admis en 2015 au CNSMD de Paris, dans les classes de Clément Garrec et Pierre Gillet, il obtient son DNSPM (Licence) avec une mention « Très Bien ». Après différentes expériences à l’étranger, notamment au Chosen Vale International Trumpet Seminar aux Etats-Unis, et à l’académie d’orchestre du Festival de Lucerne en Suisse, il se perfectionne à Berlin, dans le cadre d’un échange Erasmus d’un an, auprès de William Forman (Hochschule für Musik Hanns Eisler). Très investi dans le domaine de la musique de chambre, il cherche constamment à développer la place de la trompette dans toutes sortes de petites formations avec différents instruments. Cela l’amène à travailler avec plusieurs compositeurs d’aujourd’hui, et à trouver sa propre identité sonore au service de la création musicale et artistique.

Alireza FARHANG, compositeur
Après avoir entamé ses premières leçons de musique aux côtés de son père, Alireza Farhang poursuit des études de piano et fréquente l’université de Téhéran qui lui assure une formation en composition avec Alireza Machayekhi. En 2002, il choisit d’approfondir ses études auprès de Michel Merlet à l’École normale de musique de Paris et il obtient ses diplômes supérieurs en composition et en orchestration. En 2004, Alireza débute le cursus de composition auprès d’Ivan Fedele au CNR de Strasbourg. Alireza a également l’occasion de travailler avec plusieurs compositeurs renommés.
Il suit le cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM dans le cadre du programme européen ECMCT à Paris et à Berlin. Actuellement il est doctorant à UCA, l’université d’Anvers et CIRM sous la codirection de François Paris, Jean-François Trubert et Kurt Vanhoutte. Sa musique est jouée par des ensembles de renom dans de nombreux pays.

Patrick MARCLAND, compositeur
Patrick Marcland est né à Paris et fait l’essentiel de ses études musicales à l’Ecole Normale de Musique de Paris : guitare classique (avec Alberto Ponce), harmonie, contrepoint et fugue, et enfin composition avec Max Deutsch, tout en composant pour le théâtre et le cinéma. Il a par ailleurs suivi les cours de direction d’orchestre d’Henrik Bruun et ceux de Claude Ballif en analyse, comme auditeur libre au Conservatoire de Paris. Il s’est enfin initié à la composition assistée par ordinateur et à l’électro-acoustique au cours de plusieurs stages à l’Ircam. Il a reçu le Prix Georges Enesco et de nombreuses commandes de l’Etat, de Radio-France, de l’Ircam, et de divers ensembles et orchestres dont l’Itinéraire, le Groupe Vocal de France, l’Ensemble Intercontemporain, les Percussions de Strasbourg, la Maîtrise de Radio-France, Musicatreize, TM+, Apostrophe, C Barré, etc…, la Philharmonie de Lorraine et l’Orchestre National de France. Il a en outre collaboré depuis des années avec plusieurs chorégraphes dont Odile Duboc, Elisabeth Schwartz, Nadine Hernu, Sara Pardo, Susan Buirge et Laurence Marthouret avec laquelle il développe depuis plus de dix ans un travail spécifique sur le rapport danse-musique, dans plusieurs pièces chorégraphiques (Walk, Monade, Meltem, Seule). Un CD monographique intitulé « Patrick Marcland – 8 solos » est paru en janvier 2012, sous le label Sismal Records, avec des solistes de l’Ensemble InterContemporain.

Antonin SERVIÈRE, compositeur, saxophoniste
Antonin Servière est saxophoniste et compositeur. Parallèlement à des études supérieures de saxophone (Premier Prix du CNSM de Paris en 2004), il étudie l’orchestration puis la composition. Sensible à l’Histoire et au discours sur la musique, Antonin Servière suit un cursus universitaire complet en musicologie. Il est l’auteur d’une thèse de doctorat consacrée à l’oeuvre symphonique de Jean Sibelius et s’intéresse à la dimension narrative et rhétorique de la musique. Son catalogue comprend quelques quarante oeuvres.

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