Vendredi 31 Juillet – 21h30

Vendredi 31 Juillet 2020
21h30

Chopin,
l’âme déchirée

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Jardins du Musée Matisse

Jean-Philippe Collard
&
Patrick Poivre d’Arvor

 

 

Programme

Prélude op.28 n°1

Paul Verlaine : Green (Romances sans paroles, Aquarelles XVI)

Prélude op.28 n°7

Paul Verlaine : Nevermore (Poèmes saturniens, Melancholia II, 1866)

Valse en Fa mineur

Robert Desnos : J’ai tant rêvé de toi (Corps et biens, 1930)

Prélude op.28 n°11

Tristan Derême : La porte du jardin (La Verdure Dorée, XLV 1922)
Paul Eluard : L’Amoureuse (Mourir de ne pas mourir)
Paul Eluard : Mon Amour

Fantaisie-Impromptu en Ut # mineur op.66

Paul Verlaine : Mon rêve familier (Poèmes saturniens, Melancholia VI)

Prélude op.28 n°4

Alfred de Musset : Chanson de Fortunio (Poésies nouvelles, 1856)
Félix Arvers : Sonnet (Mes heures perdues)
Pierre de Ronsard : Madrigal

Prélude op.28 n°17

Pierre de Ronsard : Je vous envoie un bouquet (Les Amours)
Guillaume Appolinaire : Le pont Mirabeau (Alcools)

Mazurka op.17 n°4

Pierre Corneille : Stances (Recueil de Sercy, 1660)

Galop marquis en La bémol majeur

Georges Fourest (1867-1945) : Le Cid (La Négresse blonde, 1909)

Nocturne op.9 n°2

Alexis d’Orgel (1947) : Sens Interdit (Leurs faux printemps, 1962)

Prélude op.28 n°20

Arthur Rimbaud : Ophélie (Poésies, 1870)

Nocturne op.15 n°3

Gérard de Nerval : Fantaisie (Odelettes, 1832)
Charles Baudelaire : Les Amants ( Les Fleurs du Mal)

Sonate n°2 op.35 « Funèbre »
Grave – Doppio Movimento

Paul Verlaine (1844-1896) : Colloque sentimental (Fêtes galantes, 1869)

Sonate n°2 op.35 « Funèbre »
Presto

Alphonse de Lamartine (1790-1869) : Le Lac (Méditations poétiques, 1820)

Prélude op.28 n°23

Gérard de Nerval (1808-1855) : Les Cydalises (Odelettes, 1834)

Prélude op.28 n°24

Chopin, l’âme déchirée

Jean-Philippe COLLARD et Patrick POIVRE d’ARVOR

 Amis de toujours, Jean-Philippe Collard et Patrick Poivre d’Arvor ont rendez-vous sur scène pour fêter Chopin (1810-1849) et marquer le bicentenaire de sa naissance.

Partageant la passion d’une musique si proche du langage, ils nouent, enchaînent et libèrent les mots et les notes où se reflètent d’éternels jeux de l’amour.

Dans son anthologie de la poésie française, de la Renaissance à nos jours, les textes préférés de Patrick Poivre d’Arvor traduisent souvent cet amour que l’on ne sait dire.

Il a choisi d’en lire lui-même les plus profonds et les plus intimes, en contrepoint du piano de Chopin dont la vraie patrie, estime Heine, est « le royaume enchanté de la poésie ».

De Ronsard à Apollinaire, de Verlaine à Eluard, Patrick Poivre d’Arvor livre ses émotions, loin des évocations historiques, pour ne retenir que d’intemporelles pensées, se souvenir d’élans fiévreux et raconter des rêves ou des ruptures.

En dix tableaux, de valse en prélude, de nocturne en sonate, Jean-Philippe Collard enlace ces offrandes de chefs-d’œuvre, dans un dialogue inédit où la musique de Chopin, qui calme et affole, comme l’écrit Jankélévitch, nous entretient dans un « état d’ébriété poétique ».

Chopin en 1849

BIOGRAPHIES

Jean-Philippe Collard
(Photo Jean-Baptiste Millot)

Né en 1948, Jean-Philippe Collard débute ses études de piano très jeune et intègre dès l’âge de onze ans le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
En 1964, il obtient son Premier Prix de piano et poursuit alors ses études avec Pierre Sancan. En 1969, il est lauréat du Concours Long-Thibaud et en 1970, il reçoit le Premier Grand Prix du Concours Cziffra.
Aujourd’hui, fort d’une discographie de plus de cinquante albums, Jean-Philippe Collard sillonne les grandes scènes internationales du Carnegie Hall au Teatro Colon en passant par le Théâtre des Champs-Elysées et le Royal Albert Hall.
Parmi ses enregistrements les plus marquants figurent l’intégrale de la musique pour piano de Gabriel Fauré ainsi que les quatre concertos pour piano de Rachmaninov, devenus des références. Figure bien connue du public français, enfant chéri des Etats-Unis, il peut se targuer d’avoir joué avec le gotha des chefs et des orchestres à travers le monde…
Pour la cinquième fois, Jean-Philippe Collard montre son attachement à Mécénat Chirurgie Cardiaque en offrant son talent à l’association.

Jean-Philippe Collard appartient à cette catégorie d’artistes qui se déplacent dans l’espace comme ils jouent : les gestes mesurés effleurent les lumières jusqu’à ce qu’il s’installe devant l’instrument. Il est venu écouter ceux qui sont venus l’entendre. Sa proposition est celle d’un dialogue sans parole. Juste par le regard puis le son. Une infinité de sons.
Cette connivence si particulière dissimule tout le travail préparatoire d’avant-concert : l’oubli de la nervosité – que les après-midis sont longues avant l’entrée sur scène ! – la domination d’un corps impatient, la canalisation du courage, la maîtrise des ultimes instants avant le saut dans le vide, c’est selon. Il est nécessaire, dit-il, « d’être aspiré par la musique, puis être apaisé pour retrouver le chemin de la spontanéité et capter le public ». Transmettre et révéler la beauté de la musique dépasse la nature d’une passion : la démarche est de l’ordre de la nécessité vitale pour laquelle il faut se résoudre à partager ses propres émotions, sans désir de conquête en retour. Une offrande, immense, après des centaines de concerts et plus d’une soixantaine d’enregistrements.
« Il faut toucher au cœur et ne pas trop intellectualiser les œuvres labourées depuis des années » affirme aussi l’interprète. Elles composent une prodigieuse récolte, les fruits du romantisme, de Chopin et de Schumann, prolongée jusqu’à Rachmaninov et embellie de deux siècles de musique française.
Tous les mondes sonores de Jean-Philippe Collard sont imprégnés de couleurs, cette « sensation que produit sur l’organe de la vue, la lumière diversement réfléchie par les corps » propose le dictionnaire Littré avec une perception épicurienne inhabituelle dans un tel ouvrage et, pourtant, si familière chez un pianiste qui se dit, précisément, « affamé de couleurs ». Mais pas n’importe lesquelles. Gourmet des pigments, l’artiste sait ce qu’est la nuance en toute chose, lorsque les paysages sonores au tempérament mesuré résonnent dans l’irisation des arpèges et la caudalie des accords. Quand il se remémore son apprentissage auprès de Pierre Sancan, l’amitié de Vladimir Horowitz puis ses rencontres dans le monde entier aux côtés du gotha des chefs et des plus grands orchestres, Jean-Philippe Collard sait qu’il peut tout dire à son public. Alors, il a rendu hommage aux dieux des couleurs, ses compositeurs.

Patrick Poivre d’Arvor

Né en 1947, Patrick Poivre d’Arvor désire d’abord devenir diplomate et obtient une licence de droit. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux et de langues orientales (russe et serbo-croate) à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, il remporte le prix du concours « Envoyé Spécial » de France Inter en 1971. Il devient ensuite Grand Reporter.

A partir de 1976, il présente le journal de 20H sur Antenne 2 pendant sept ans. De 1987 à 2008, il prend les rênes du

journal télévisé de 20 h de TF1 du lundi au jeudi.

Depuis 2009, il se consacre à l’écriture et à ses engagements humanitaires notamment à son premier combat survenu après la perte de sa fille Solenn en 1995 (inauguration de la Maison de Solenn en 2004). Patrick Poivre d’Arvor s’engage également régulièrement aux cotés de Mécénat Chirurgie Cardiaque notamment lors de l’Etape du Coeur du Tour de France (juillet 2009).

Patrick Poivre d’Arvor est un écrivain fécond avec une cinquantaine d’œuvres littéraires variées co-écrites pour certaines avec son frère Olivier Poivre d’Arvor.

Il a récemment publié une anthologie de la poésie française « Et puis voici des fleurs… » (Le Cherche Midi).

 

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